La crise, Facebook ne connaît pas. Avec 170 millions d'euros de bénéfice net et un chiffre d'affaires en progression l'an passé, le réseau social s'est félicité (article en anglais) de ses bons résultats, mercredi 1er mai, lors de sa présentation des chiffres du premier trimestre 2013. Dans le même temps, des millions d’utilisateurs se sont désintéressés du réseau social. Comment s'explique cette apparente contradiction ?

Comment Facebook gagne-t-il de l’argent ?

Gratuit pour ses utilisateurs, le réseau social créé par Mark Zuckerberg puise l’essentiel de ses revenus de la publicité. Et la confiance des annonceurs ne lui fait pas défaut, grâce à deux éléments. Son omniprésence sur la toile, d’abord : le groupe revendique 1,11 milliard d'utilisateurs actifs fin mars (lien en anglais). La possibilité de cibler les utilisateurs en se fondant sur les renseignements personnels qu’ils partagent séduit aussi les annonceurs.

Pour le seul premier trimestre 2013, la publicité a rapporté près d'un milliard d'euros au géant américain. Le reste des revenus du groupe de Palo Alto (Californie) correspond aux paiements des éditeurs de jeux et applications intégrés au site.

Quant au nouveau système de messages payants lancé par Facebook ces derniers mois, les années à venir montreront combien il rapportera à l'entreprise.

Facebook perd-il vraiment des abonnés ?

C’est un thème récurrent depuis plusieurs mois : le public se désintéresserait de Facebook. S’appuyant sur des études indépendantes, plusieurs pays, dont la France, remarquent une hausse des désinscriptions du premier réseau social du monde. Selon les chiffres de SocialBakers (lien en anglais), une entreprise spécialisée en analyse des réseaux sociaux, la firme a perdu plus de sept millions d’utilisateurs en mars. Les jeunes semblent être les premiers à déserter, préférant la nouveauté d’Instagram ou de Tumblr.

En chiffre global, selon les données communiquées par Facebook, celui-ci a pourtant gagné 23% d’utilisateurs en un an. De quoi se défendre des Cassandre le voyant déjà engagé dans un déclin version MySpace. Pourtant, si les marchés émergents (Brésil, Inde) s’inscrivent en masse sur le réseau social, la tendance est inversée sur ses terres de prédilection (Etats-Unis, Canada, France, Allemagne...) où, selon un analyste, "les gens qui veulent s'inscrire à Facebook l'ont déjà fait".

Pourquoi la balance reste-t-elle positive ?

Si certains pays semblent avoir atteint leur nombre maximum d’inscrits, le spectre du désengagement massif ne menace pourtant pas Facebook. Mieux, de nouveaux usages prennent de l'ampleur, comme la consultation sur mobile. Facebook sur smartphone et autres tablettes compte désormais 751 millions d’utilisateurs réguliers. Un chiffre qui a augmenté de 54% en un an.

Le réseau social en a fait sa cible principale. Au point de faire récemment évoluer son interface pour mieux correspondre à une utilisation mobile. Ayant adapté ses publicités au petit écran, il a vu ce secteur se développer rapidement. Inexistante il y a un an, la publicité sur mobile représente aujourd'hui un tiers des revenus publicitaires du groupe. Ce qui peut expliquer sa bonne santé financière.

Par ailleurs, Facebook est coté en Bourse et ne dépend pas directement de son nombre d'abonnés. Les doutes des marchés lors de son introduction portaient sur son adaptation aux plateformes mobiles, pas sur l’engouement qu’il suscite.